Traduction : Fidélité ou liberté d’adaptation ?

Depuis toujours l’homme a cherché à traduire avec fidélité d’une langue à l’autre. Déjà Cicéron, à l’époque romaine, concernant la traduction des textes grecs, préconisait une traduction qui privilégie le sens plutôt que les mots, donnant une suprématie à l’esprit sur la lettre. En Orient, à l’époque Abbasside l’art de la traduction est poussé jusqu’au raffinement et préconise les deux principes suivants :

  • restituer le sens du texte sans le trahir
  • prendre en compte le destinataire, la traduction devant être lisible de manière naturelle, sans que l’on sentela traduction.

 

Au Moyen-âge, par contre, les moines traducteurs des textes sacrés, de peur de faire le moindre contresens, adoptaient une traduction littérale, c’est-à-dire mot à mot, car ils pensaient qu’il fallait préserver l’intégralité du contenu au détriment de la forme.

C’est donc à ces choix que le traducteur est sans cesse confronté, en dehors des éventuelles exigences du client (utiliser tel vocabulaire, ne pas traduire tel passage…). Dans certaines langues et certains textes, ces exigences se concilient bien, mais avec d’autres, les différences au niveau des langues et des cultures sont trop importantes. Il peut alors être difficile, voire impossible de respecter la totalité du sens d’une phrase dans la langue d’origine, dans  la traduction, en voulant satisfaire à ces deux exigences. Une certaine transposition est donc nécessaire et une prise de liberté par rapport à la forme du texte.

Il peut ainsi être difficile de transposer exactement un concept dans une autre langue au vocabulaire inexistant (l’arabe a de nombreux mots pour désigner le chameau, le cheval et l’épée, les esquimaux en ont des dizaines pour désigner la neige selon sa consistance, sa couleur, etc. ). En effet, les langues ne sont pas des calques adaptables en toutes circonstances. Elles diffèrent en fonction de la culture, de l’environnement, des coutumes, etc.  De ce fait un bon traducteur devra avoir une excellente connaissance de sa propre langue, ainsi que de celle à traduire, mais également une bonne connaissance du pays et de la culture du texte original.

De ce fait, le traducteur aura toujours intérêt à localiser et à identifier l’origine du texte à traduire, ou à identifier le public auquel il s’adresse. Par exemple, dans des traductions marketing de l’anglais en français, si l’on doit traduire des slogans publicitaires mentionnant « you » en anglais, faut-il traduire par « vous » ou par « tu » ? Tout dépendra du public auquel on s’adresse. De même, dans de nombreux textes commerciaux, financiers, en anglais, la formulation des dates peut prêter à confusion (d’autant qu’il n’y a pas de règle absolue). Ainsi le 05.06.2018 sera compris par un américain comme le 6 mai 2018, alors que dans de nombreux autres pays, on lira le 5 juin.

Donc, traduire sans trahir est le souci permanent dans le domaine de la traduction. L’humour et la poésie sont des domaines difficiles pour le traducteur, la poésie par exemple, faisant appel à des constructions syntaxiques très spécifiques à chaque langue et difficilement traduisibles sans adaptation. Une traduction littérale n’a donc pas de sens dans ce cas précis, et dans la plupart des autres cas également.

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